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Fiscalité6 min de lecture

Statut juridique ostéopathe : micro, EI ou SELARL en 2026

Micro-entreprise, entreprise individuelle ou SELARL : cotisations, fiscalité, plafonds et responsabilité comparés pour bien choisir votre statut en 2026.

ÉO
Équipe OsteoPulse•
Statut juridique ostéopathe : micro, EI ou SELARL en 2026

Choisir son statut juridique est l'une des décisions les plus structurantes pour un ostéopathe qui s'installe en libéral. Ce choix conditionne votre fiscalité, vos cotisations sociales, votre responsabilité et même vos possibilités d'évolution. Voici un comparatif complet et à jour pour 2026.

Quels statuts sont accessibles à un ostéopathe ?

L'ostéopathie est une profession libérale à titre protégé : l'usage du titre est encadré par la loi du 4 mars 2002 et le décret n° 2007-435. Exercés en indépendant, vos revenus relèvent des Bénéfices Non Commerciaux (BNC). Côté protection sociale, la profession fait partie des professions libérales réglementées affiliées à la CIPAV pour la retraite.

Trois statuts principaux s'offrent à vous :

  • Micro-BNC (auto-entrepreneur) — le plus simple, idéal pour démarrer
  • Entreprise Individuelle (EI) au régime de la déclaration contrôlée
  • SELARL (Société d'Exercice Libéral à Responsabilité Limitée) ou SELAS

Le micro-BNC (auto-entrepreneur) : pour qui ?

Avantages

C'est le régime le plus simple administrativement. Vous payez vos cotisations sociales (URSSAF) et votre impôt en pourcentage de votre chiffre d'affaires : 23,2 % de cotisations + 2,2 % d'impôt sur le revenu si vous optez pour le versement libératoire.

Pas de comptabilité complexe, juste un livre de recettes. Quant à la TVA, vos actes d'ostéopathie à visée thérapeutique en sont exonérés (article 261, 4-1° du code général des impôts), quels que soient votre statut et votre chiffre d'affaires.

Limites en 2026

  • Plafond de chiffre d'affaires : 83 600 € par an. Un dépassement isolé ne fait pas sortir du régime : la sortie intervient au 1er janvier suivant deux années civiles consécutives au-dessus du plafond (service-public.gouv.fr)
  • Pas de déduction de charges : impossible de déduire votre loyer de cabinet, vos déplacements, votre formation continue ou votre logiciel de gestion

Le micro-BNC est intéressant tant que vos charges réelles sont inférieures à 34 % de votre chiffre d'affaires (abattement forfaitaire de l'administration). Si vous louez un cabinet en centre-ville et investissez en matériel, vous dépassez vite ce seuil.

L'Entreprise Individuelle au régime BNC (déclaration contrôlée)

C'est le régime de croisière de la majorité des ostéopathes installés depuis plus de 2 ans.

Comment ça fonctionne

Vous tenez une comptabilité réelle (recettes-dépenses) et déclarez chaque année votre bénéfice réel via la déclaration 2035. C'est ce bénéfice (et non votre chiffre d'affaires) qui sert de base à vos cotisations URSSAF et CIPAV et à votre impôt sur le revenu.

Avantages

  • Déduction de toutes vos charges professionnelles : loyer, abonnements logiciels (dont OsteoPulse), formation continue, matériel, frais kilométriques, assurance RCP, cotisation syndicale
  • Pas de plafond de chiffre d'affaires
  • Responsabilité limitée au patrimoine professionnel depuis la réforme 2022

Limites

  • Comptabilité plus exigeante (tenue d'un livre journal, livre des immobilisations, déclaration 2035)
  • Cotisations URSSAF calculées sur le bénéfice : un bon exercice = appel de cotisations plus élevé l'année suivante
  • Peu de leviers d'optimisation fiscale au-delà d'un certain revenu : tout le bénéfice est imposé à votre nom, l'année où il est réalisé

La SELARL ou SELAS : pour les revenus élevés

À partir d'un bénéfice annuel d'environ 80 000 €, la création d'une SELARL (ou SELAS) commence à devenir fiscalement intéressante.

Le mécanisme

Votre activité est exercée par une société dont vous êtes le gérant majoritaire. La société paie l'Impôt sur les Sociétés (IS) sur ses bénéfices (15 % jusqu'à 42 500 €, puis 25 %). Vous vous versez :

  • Une rémunération de gérance (soumise à charges sociales et impôt sur le revenu). Depuis 2024, la part qui rémunère votre activité d'ostéopathe (dite « rémunération technique ») est imposée en BNC ; le traitement du gérant majoritaire a fait l'objet de précisions du Conseil d'État, à valider avec votre expert-comptable
  • Des dividendes, taxés au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % en 2026 (30 % auparavant) ou au barème progressif. Attention : pour un gérant majoritaire, la part des dividendes qui dépasse 10 % du capital social, des primes d'émission et des comptes courants d'associés est soumise aux cotisations sociales

Avantages

  • Optimisation fiscale sur les hauts revenus
  • Lissage du revenu d'une année sur l'autre
  • Protection du patrimoine personnel (responsabilité limitée aux apports)
  • Transmission facilitée (cession de parts sociales)

Limites

  • Coûts de création : 2 000 à 4 000 € (statuts, expert-comptable, publication)
  • Coûts de fonctionnement : comptabilité obligatoire, environ 2 500 à 4 000 € / an
  • Complexité : assemblées, dépôt des comptes, rapports de gestion
  • Protection sociale : le gérant majoritaire de SELARL est travailleur non salarié (cotisations encaissées par l'URSSAF, retraite et prévoyance à la CIPAV, maladie à l'Assurance maladie) ; le président de SELAS est assimilé salarié, au régime général

Tableau récapitulatif

CritèreMicro-BNCEI (BNC réel)SELARL/SELAS
Plafond CA83 600 €AucunAucun
Charges déductiblesNon (abattement 34 %)Oui, intégralementOui, intégralement
ComptabilitéLivre de recettes2035 + livre journalBilan complet IS
Charges sociales23,2 % du CA~35 à 40 % du bénéfice pour un revenu moyen, davantage au-delàSur la rémunération
ImpositionIR (option versement libératoire)IR (barème progressif)IS + IR/dividendes
Coût annuel comptable0 €800 à 1 500 €2 500 à 4 000 €
Idéal pourDémarrage, activité accessoireCabinet stable jusqu'à 80 K€ de bénéficeBénéfice > 80 K€

Comment choisir ?

Vous démarrez votre activité (< 2 ans)

Micro-BNC le plus souvent, si vos charges sont faibles. Vous testez votre marché et vous gardez la simplicité.

Vous êtes installé(e) avec un cabinet stable

EI au régime BNC réel. C'est le standard de la profession. Vous déduisez vos charges réelles et vous gardez la souplesse.

Vous dépassez 80 000 € de bénéfice annuel

Étudiez le passage en SELARL ou SELAS avec un expert-comptable. Le gain dépend de votre revenu, de votre situation familiale et de ce que vous laissez dans la société : faites chiffrer les deux options avant de décider, frais de création et de comptabilité compris.

Le passage d'un statut à l'autre n'est pas anodin : sortie de la micro-entreprise après deux années de dépassement du plafond, création d'une SEL impliquant un apport de patientèle (à évaluer fiscalement). Faites-vous accompagner.

Et après l'installation ?

Quel que soit votre statut, deux outils sont indispensables :

  1. Une comptabilité rigoureuse : tracez chaque consultation, chaque encaissement, chaque dépense professionnelle dès le premier jour. Pensez aussi à votre bilan de fin d'année pour optimiser votre fiscalité.
  2. Un logiciel de gestion qui génère vos factures conformes, exporte vos données comptables et vous donne une visibilité en temps réel sur votre chiffre d'affaires

OsteoPulse a été pensé pour les ostéopathes libéraux : facturation conforme, export Excel/CSV pour votre expert-comptable, statistiques de chiffre d'affaires, suivi des encaissements (espèces, chèques, CB, virements). Et un plan gratuit pour démarrer sans risque.

En résumé

  • Micro-BNC : simplicité maximale, pour démarrer ou pour les activités à faibles charges
  • EI au BNC réel : le standard de la profession, optimal pour la grande majorité des praticiens
  • SELARL/SELAS : intéressant à partir d'un bénéfice élevé, à étudier avec un expert-comptable

Le bon statut, ce n'est pas le plus optimisé fiscalement dans l'absolu : c'est celui qui correspond à votre niveau d'activité, à votre tolérance pour la complexité administrative, et à vos projets à 5 ans.